Pro B : Viktoria Lucenkova, coach et “Brasseuse” pur Malte – dna 16.12.15

“Vikkie” ou la belle vie
Viktoria Lucenkova a beau passer de la table de poker au tennis de table, c’est ce dernier qui tient la coach du SUS TT en haleine. Hédoniste s’il en est, la grande Slovaque attrape le plaisir au vol, entre Malte et l’Alsace.

Viktoria Lucenkova (au premier plan), la coach des “Brasseuses”, partage son temps entre Malte et Schiltigheim.

Pour échanger de visu avec Viktoria Lucenkova, deux options : l’une consiste à faire un tour du côté du gymnase Leclerc les jours de match, l’autre à se rendre à 2 000 kilomètres au sud, au coeur de la Méditerranée. Si on opterait volontiers pour la première, l’entraîneur de la vitrine féminine du club, qui vit une belle première saison en Pro B, est donc une adepte de la seconde.

« Depuis quatre ans, j’habite à Malte, explique “Vikkie”. J’entraîne les meilleurs garçons de l’île et, de temps en temps, je joue encore pour leur équipe nationale. La décision de vivre ici a été simple, c’est une question de fiscalité. »

L’Hexagone n’est effectivement pas l’endroit rêvé pour mettre ses revenus au chaud, d’autant plus lorsqu’on partage la vie d’un joueur de poker professionnel.

La Slovaque a rencontré Pim de Goede, alors pongiste international néerlandais, en Belgique, dans le club de Virton. « Ça fait trois ans qu’on est fiancé, mais je n’ai pas encore eu l’énergie d’organiser le mariage, sourit la médaillée de bronze aux championnats d’Europe cadettes. Et le poker, j’y joue dans le temps qu’il me reste, mais pas à haut niveau. »

« À quatorze ans, je suis partie en Slovaquie, seule »La native de Kharkiv, à l’est de l’Ukraine, préfère se concentrer sur le sport qui l’a toujours fait vibrer, depuis ce temps où elle traînait dans les jupons de sa maman à la sortie de l’école.

Preuve qu’il n’y a pas de hasard, « ma mère était entraîneur de tennis de table et je tapais la balle pendant ses séances. »

« À l’époque, la vie était difficile après l’explosion du bloc soviétique, se souvient “Vikkie”. Il devenait impossible de payer les tournois et les équipements. Alors, à quatorze ans, j’ai fait un choix entre sport et études et je suis partie en Slovaquie, dans une académie féminine renommée, seule. »

Là-bas, « dans une petite ville », elle s’entraîne quotidiennement, doit faire un break dans ses études, mais est nourrie, logée et entourée. Elle s’acclimate peu à peu, jusqu’à obtenir le passeport slovaque à 18 ans, sésame qui lui ouvre les portes de l’équipe nationale et lui permet de poursuivre des études en économie internationale.

Déjà polyglotte, Viktoria Lucenkova est alors bien partie pour s’évader. Après une expérience allemande, elle s’envole pour la Belgique, puis Reims pendant plus de quatre ans, où elle effectue ses premières gammes en France.

Mais c’est bien à Virton que le coaching s’immisce dans son esprit. « C’est en Belgique que j’ai commencé à entraîner les jeunes. Puis j’ai pris les juniors slovaques, raconte la grande blonde. Faire beaucoup de choses, ça me plaît et c’est pour ça que ça se passe bien à Schiltigheim. Quand tu joues à haut niveau, tu dors, tu manges sport. »

Cette citoyenne du monde s’était bien essayée au marketing en ligne il y a peu. « Je travaillais avec plein de nationalités, mais on était dans le bureau toute la journée.  » Pas évident quand on a, comme elle, la bougeotte.

Un brassage culturel performantCet esprit multiculturel, elle le retrouve deux fois par mois ou presque, lorsqu’elle rassemble ses “Brasseuses” slovènes, serbe ou suisse avant les rencontres de Pro B. Un niveau historique pour Schiltigheim, seul représentant alsacien à ce niveau. Avec plusieurs nouvelles têtes, qui s’entraînent aux quatre coins de l’Europe, la richesse humaine est au rendez-vous, comme le constate leur coach, qui entame sa quatrième saison en Alsace, sa première derrière les panneaux.

« On partage nos connaissances, on parle des points faibles. Il y a autant d’étrangères parce que c’est difficile de trouver trois Françaises de haut niveau dans une équipe. Mais l’objectif du club est, à l’avenir, de faire jouer des filles de la région. »

Une terre à laquelle Viktoria semble s’être attachée. « Les bénévoles, c’est impressionnant, ils te donnent envie de faire encore plus, s’émeut-elle. Ils sont devenus des amis, avec qui on parle même de nos problèmes à la maison. » Et avec qui elle échange sûrement aussi quelques… services.

Luc Wintzer

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